En y regardant à trois fois...
Notre ouvrage se construit autour d’une contrainte qui libère de la traditionnelle illustration par l’image et de la traditionnelle description par le texte. En effet, cette règle du jeu que nous avons tous les trois adoptée, nous a conduits à réaliser le texte ou l’image, sans que nous ayons pris connaissance au préalable du travail de l’autre.
Ce parti pris a permis de nous approprier au mieux chacun des neuf mots composés choisis d’une part, pour leur appartenance à l’histoire de l’art, d’autre part, pour leur couleur poétique.
L’ordre d’apparition de ces neuf mots sur les pages du livre correspond à la chronologie d’élaboration de nos travaux. Elaboration au rythme ternaire puisque tous les trois mots nous confrontions, autour d’une (bonne) table, nos trouvailles. Etonnés à chaque rencontre de voir que la réunion du texte et des images n’était singulièrement jamais fortuite, puisqu’elle se construisait en écho et par connivence.
En donnant à voir et à penser, cette liaison texte-image propose l’évidence et/ou l’énigme. Ainsi la matérialité des images participe à ces lectures croisées : ici des couches successives annoncent un bas-relief, là des déchirures offrent une ombre portée, ailleurs si les textes rappellent parfois le conte philosophique, c’est parce qu’ils laissent émerger des résonances culturelles et sensibles.
Erik Satie, le facétieux, d’un clin d’œil, nous a autorisé à jouer sur ses mots : En y regardant à deux fois est une indication de jeu d’une de ses Pièces froides. Cette musique, complice à plus d’un titre, vous invite à prêter l’oreille En y regardant à trois fois…
Alain Lambert, né à Cherbourg en 1955, est professeur de philosophie et d’histoire des arts, il vit à Hérouville saint Clair en Normandie et travaille quand il pleut, quand il peut se replier pour mieux lire et se relire au rythme des gouttes d'eau sur les mots.
Yves Ledent, né à Emondeville dans la Manche en 1954, est plasticien, il vit au Bû sur Rouvres en Normandie et travaille surtout avant la pluie, avec le temps, sur la transparence des ciels, le collage/décollage à partir des papiers (journal, plomb, torchon...)
Patrick Séron, lui, est peintre, a travaillé à Tournebu en Normandie, après la pluie, à partir de terres, colles, pigments, résines... par couches successives souvent détrempées.
 
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