Couleur(s)
Nous ne saurons jamais si Newton passa par toutes les couleurs quand il décréta qu’il y en avait sept. Chaque jour en affiche une nouvelle et notre langue ne limite pas ses images, écoutez donc : terre d’ombre brûlée, nuit blanche, rouge baiser ou encore rouge vénitien. Tant de lumière nous convoque au voyage, nous invite à veiller, à goûter ou à veiller en goûtant… Pour cet ouvrage, notre spectre en décline davantage : dix sept couleurs l’élargiront au-delà du vocable usuel. Nous avons donc invité trente quatre auteurs, artistes et écrivains, à mobiliser leurs talents et à accepter de porter les couleurs de l’Epingle du Jeu. Le protocole était simple, à partir d’une liste pré-établie, ils devaient choisir une couleur dont le nom s’émancipe de son sens originel ou en proposer une autre. Auparavant, les artistes avaient élu leur partenaire d’écriture, certains ont préféré s’en remettre à l’Epingle du Jeu quant au choix du compagnon ou de la compagne de texte. La consigne était claire : ne pas prendre connaissance du travail de l’autre. Cette règle est un préalable pour répondre à l’exigence éditoriale texte/image de nos éditions. Notre volonté est de faire se rencontrer, dans un champ élargi arts visuels et textes littéraires. Chaque artiste a mis en œuvre une technique répondant à la fois à ses préoccupations et à la mise en perspective de la couleur d’élection. De même, l’écriture des auteurs s’est aventurée vers le récit et la poésie en offrant à leur texte la couleur du mot choisi. Dans ce florilège de couleurs, l’écriture et l’image se jouent l’une de l’autre, s’éloignent ou révèlent une connivence, faisant l’éloge de cet arc-en-ciel au pied duquel, disait-on autrefois aux enfants, un trésor se cachait.
 
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